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Internet a rendu le monde plus connecté, mais les télécommunications restent encore largement organisées à l’échelle nationale. Que faudrait-il changer pour rendre le roaming gratuit possible dans le monde entier?

Lors de nos tests sur le terrain, Holafly s’est distinguée sur tous les plans : une connexion rapide et fiable, capable de gérer les appels vidéo et le streaming même dans des zones reculées, une installation simple en moins de cinq minutes, et une assistance assurée par de vraies personnes (pas seulement de l’IA), à la fois rapide et compétente.Holafly est une eSIM simple, fiable et bien accompagnée - celle que nous recommandons aux voyageurs en 2026.
Nous sommes en 2026. Nous vivons dans un monde où il est possible d’envoyer un message depuis Barcelone à quelqu’un qui se trouve à Kuala Lumpur et de discuter avec lui en temps réel. La conversation traverse la moitié du globe en quelques secondes. Mais si vous et votre téléphone parcourez physiquement cette même distance, cette conversation peut vous revenir presque aussi cher que le billet d’avion. Cela semble exagéré ? Passez deux semaines en Malaisie en utilisant Internet comme si de rien n’était, puis on en reparle…
Si la technologie est déjà prête pour presque tout, y compris pour connecter n’importe quel point de la planète, pourquoi le roaming reste-t-il aussi cher ? Et pourquoi semble-t-il n’avoir été réellement maîtrisé qu’au sein de l’Union européenne ?
Que se passe-t-il lorsque l’on franchit ces frontières ?
Pour l’expliquer simplement, le roaming correspond au moment où votre téléphone se connecte au réseau d’un autre opérateur parce que vous vous trouvez hors du pays où vous avez souscrit votre forfait.
Votre opérateur ne possède pas d’antennes sur ce territoire. Lorsque vous passez la frontière, votre téléphone utilise donc temporairement l’infrastructure d’un opérateur local afin que vous puissiez continuer à appeler, envoyer des messages ou utiliser des données mobiles.
En réalité, il s’agit d’une sorte d’accord entre réseaux. Votre opérateur demande à un opérateur étranger d’autoriser l’un de ses clients à utiliser son infrastructure. Cet opérateur accepte, mais… surprise ! Pas gratuitement. Chaque mégaoctet, appel ou message génère des frais de gros que votre opérateur doit payer à celui qui fournit le réseau.
De plus, le système est bien plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord. De nombreux opérateurs maintiennent des centaines d’accords bilatéraux de roaming avec des entreprises d’autres pays, et environ 65 % d’entre eux dépendent encore de ces accords directs pour gérer le service.
Il n’y a pas si longtemps, plus d’un voyageur a frôlé la crise cardiaque en rentrant chez lui et en ouvrant sa facture mobile. Pendant des années, le roaming a été à l’origine des fameux bill shocks: des factures inattendues de plusieurs milliers d’euros après l’utilisation de données à l’étranger. En 2018, par exemple, une malheureuse touriste britannique a reçu une facture d’environ 4 000 euros après avoir utilisé le roaming lors d’un voyage au Kosovo.
Heureusement, tout a changé en 2017. Cette année-là, l’Union européenne a changé les règles du jeu avec une mesure simple : Roam Like At Home. Concrètement, cela signifie que les citoyens européens, lorsqu’ils se trouvent dans n’importe quel pays de l’UE, peuvent :
Attention toutefois : cela ne veut pas dire que le roaming est réellement gratuit. Les opérateurs continuent de se payer entre eux pour l’utilisation des réseaux, et ces prix sont appelés tarifs de gros du roaming. Dans l’UE, ils sont régulés par Bruxelles, avec des plafonds et des règles d’usage raisonnable.
L’idée du roaming régional ne s’est pas arrêtée à l’Europe. Ces dernières années, plusieurs blocs économiques ont tenté de reproduire le modèle européen, avec plus ou moins de succès, il faut bien le dire. L’exemple le plus clair se trouve dans les Balkans occidentaux.
En 2021, l’Albanie, la Serbie, le Monténégro, la Macédoine du Nord, la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo - la touriste britannique aurait sans doute adoré que cela arrive trois ans plus tôt - ont supprimé les frais de roaming entre leurs pays grâce à un accord régional directement inspiré de l’expérience européenne.
Mais ce n’est pas le seul cas : au sein du Conseil de coopération du Golfe, qui regroupe des pays comme l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït, Bahreïn et Oman, des mesures ont également été mises en place pour réduire les frais de roaming à l’intérieur du bloc. Ce n’est pas exactement du roaming gratuit, mais c’est tout de même beaucoup moins cher qu’en dehors de la région.
Une dynamique similaire existe en Afrique de l’Est, où le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda et le Soudan du Sud ont signé des accords visant à réduire drastiquement le coût du roaming entre leurs réseaux mobiles, afin de faciliter la mobilité régionale et le commerce.
Et l’Amérique latine a elle aussi tenté de prendre part au changement. Des organisations comme la Communauté andine ou le MERCOSUR ont proposé des initiatives pour réduire les coûts du roaming régional, même si les progrès ont été plus limités et plus inégaux.
Si l’Union européenne et d’autres régions ont réussi à le réguler il y a seulement quelques années, qu’en est-il du reste du monde ?
Mais la régulation s’arrête là où s’arrêtent les frontières de l’UE. Et c’est précisément là que le problème commence pour les voyageurs.
Le roaming vit en grande partie du tourisme. Les chiffres permettent de mieux le comprendre : selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) ,le tourisme international a dépassé 1,5 milliard de voyageurs en 2025. Et chacun d’entre eux avait aussi dans sa poche un client potentiel du roaming. Le lien est si direct que, lorsque les voyages se sont effondrés pendant la pandémie, les revenus du roaming ont chuté de 20 % à 30 % sur de nombreux marchés.
Et on ne peut pas faire comme si l’enjeu économique ne jouait pas un rôle important ici. Selon les données de GSMA Intelligence, le roaming international représente entre 3 % et 6 % des revenus mobiles mondiaux.
Ces chiffres vous semblent faibles ? Dites-le au touriste français qui a reçu une facture de 37 737 euros pour une semaine au Maroc. Impressionnant, non ? Gardez à l’esprit que le secteur des télécommunications brasse plus de 1 000 milliards de dollars par an : même un petit pourcentage peut devenir un business particulièrement juteux.
Mais au-delà du facteur économique, il y a aussi la question réglementaire. Internet a mondialisé le monde, certes, mais les télécommunications restent organisées à l’échelle nationale. Chaque pays décide de l’utilisation de son spectre radioélectrique, attribue les licences à ses opérateurs et régule son propre marché.
Comme nous l’avons vu, l’Union européenne a pu supprimer les surcoûts de roaming parce qu’elle réunit trois conditions assez rares à l’échelle mondiale :
Autrement dit, l’Europe fonctionne, du moins dans les télécommunications, comme un marché mobile unique. Pour qu’un équivalent mondial de Roam Like At Home puisse exister, il faudrait des accords internationaux beaucoup plus ambitieux : une régulation commune, des limites aux tarifs de gros et, surtout, une coordination entre opérateurs de différents pays.
Ce serait formidable d’avoir une sorte de Commission européenne mondiale capable d’encadrer le roaming international, mais pour l’instant, cela reste une utopie de voyageurs.
Ce qui commence réellement à changer, ce n’est pas tant la politique que le marché. De plus en plus de voyageurs cessent de dépendre du roaming traditionnel et optent pour des solutions plus simples et moins chères : eSIM internationales, opérateurs numériques mondiaux, Wi-Fi public ou forfaits data.
Ce n’est pas un hasard. De récents rapports du secteur des télécommunications désignent précisément l’eSIM et les fournisseurs mondiaux de données comme l’une des plus grandes menaces pour le modèle traditionnel du roaming, car ils permettent de changer d’opérateur presque instantanément et d’acheter des données sans passer par le forfait de son opérateur national.
En clair, ces solutions permettent d’obtenir des données mobiles à l’étranger sans avoir à jouer selon les règles traditionnelles du roaming.
Dans le même temps, l’utilisation des données mobiles pendant les voyages ne cesse d’augmenter. En 2026, le roaming ne tourne plus vraiment autour des appels ou des SMS, mais autour d’usages beaucoup plus quotidiens : WhatsApp, cartes, réseaux sociaux, streaming ou appels vidéo.
Ces nouvelles solutions ne suppriment pas le roaming, mais elles commencent à le rendre de moins en moins incontournable. Et c’est peut-être là que se trouve le dernier paradoxe : le roaming international pourrait ne pas disparaître grâce à une grande régulation mondiale, mais parce que le marché et les voyageurs eux-mêmes finissent enfin par s’accorder sur quelque chose et commencent, petit à petit, à s’en passer.
Peut-être devrions-nous donc arrêter de parler du roaming comme s’il s’agissait d’un problème technologique. Indice : ce n’en est pas un.
La technologie qui permet d’utiliser son téléphone presque partout sur la planète existe depuis des décennies… Ce qui n’existe pas toujours, c’est la volonté politique de réguler les prix. Le cas européen le montre bien : l’Union européenne a mis plus de dix ans à supprimer les surcoûts de roaming, au terme de négociations intenses et sous la pression du lobby des opérateurs mobiles.
Au fond, la règle paraît donc assez claire : quand les marchés s’intègrent, le roaming disparaît. Quand ce n’est pas le cas, le roaming reste un business.